J’ai fait deux repas de fin d’année au boulot.
Avant toute chose, il faut savoir que je travaille dans une école privée fondée par la belle-sœur de Micci. La famille de Micci est une famille d’entrepreneurs : son père, toujours à la tête du groupe, a commencé par fabriquer des uniformes scolaires (c’est toujours le cas), puis le groupe s’est diversifié vers l’esthétique, l’acupuncture et je ne sais quoi d’autre encore. Le frère de Micci dirige la holding gérant les différentes chaînes d’instituts de beauté et acupuncture. Micci s’occupe des instituts d’acupuncture (si j’ai bien compris), de les gérer et d’en ouvrir de nouveaux.
L’école privée (crèche et maternelle) est née parce que la belle-sœur de Micci ne voulait pas mettre sa fille dans une école classique japonaise. Et elle est donc rattachée à la holding de la beauté, même s’il n’y a aucun rapport entre les deux activités, à part qu’on est au 3ème étage d’un immeuble où les autres étages sont occupés par des instituts de la holding.

Cette petite parenthèse simplement pour vous préciser que j’ai donc fait deux repas de fin d’année : le grand avec tous les employés de la holding, organisé dans un grand hôtel d’Okayama, et un petit plus « à la bonne franquette » (donc pizza-plateau repas) avec les collègues de l’école.
L’hôtel pour le repas de fin d’année de la holding n’étant accessible qu’en voiture et plutôt loin de l’école, nous voilà parties à 5 dans la voiture d’une collègue qui a eu la gentillesse de nous emmener et nous ramener… et de nous mettre sa compil’ de chansons pop de Noël durant tout le trajet (oui, aller-retour…). Donc toutes les chansons de Noël par les plus grands noms de la pop anglo-américaine (ils sont friands de ça) : Wham, Mariah Carey, Christina Aguilera, Barbra Streisand, Whitney Houston… j’en passe. Avec ma collègue Jess, qui est américaine, on a donc joué à « devine qui chante ? » pour se marrer. Elle est incollable ^_^

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Une fois arrivées à l’hôtel, nous rejoignons la salle du « banquet » et ça promet d’être une très bonne soirée. Déjà parce que les japonais savent s’amuser, et ensuite parce qu’en général on mange très bien.
A priori nous ne sommes pas loin d’une centaine et nous prenons place aux tables déjà préparées. C’est une pièce en tatamis donc nous avons retiré nos chaussures à l’entrée et nous sommes assis sur un simple coussin devant des tables basses.
La soirée est l’occasion de remettre des prix aux employés méritants et donc tout au long du repas, la directrice animera la soirée dans une ambiance de folie (très grande majorité de jeunes femmes surexcitées…surtout après un verre ou deux, les japonais tenant en général assez mal l’alcool). Il ne faut pas du tout s’imaginer quelque chose de rigide et de convenu. Ce genre de soirée, même avec des collègues de travail est un moment où les barrières et conventions sociales tombent et où on peut donc se lâcher : personne n’est en costume cravate ou tailleur, trois employées sont même carrément venues en kigurumi (les combinaisons-pyjama en forme de personnage de la pop-culture japonaise genre Pikachu) et chaque personne recevant un prix (souvent accompagné d’une enveloppe contenant une certaine somme) se doit de boire un verre (ou une bouteille) de bière cul-sec. Quand une des filles gagne et monte sur scène, ses collègues l’accompagnent façon supporters jusqu’au pied de la scène. Bref, vraiment une ambiance de stade ou de concert (d’ailleurs la soirée finira par une chanson en karaoké chantée par tous les directeurs-trices de service).

Néanmoins, comme nous sommes au Japon, il y a quelques traditions à respecter : avant d’attaquer le repas, mes collègues de l’école et moi avons donc fait le tour des chefs de la holding, une bouteille à la main afin de leur servir à boire chacun leur tour. Nous arrivons devant un des chefs, nous agenouillons devant sa table (je vous rappelle qu’il/elle est lui aussi assis(e) par terre),  lui remplissons son verre (ce qui est amusant c’est qu’en cas de verre déjà plein, il/elle va en boire une partie pour que nous puissions le remplir, il faut respecter les formes ! ^_^), lui présentons nos vœux, il/elle nous présente les siens et boit une gorgée. Et on passe au suivant.

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Ce sera le seul moment un peu « conformiste »… et encore… de la soirée. Car sinon, en dehors de la remise des prix dans une ambiance survoltée, nous avons aussi joué au jeu des 100 yens. C’est très simple. Chaque personne présente se munit d’une pièce de 100 yens (environ 80 cts d’euros) et on joue cette mise deux par deux au jan ken pon (pierre-papier-ciseaux). Le vainqueur du match gagne les 100 yens de l’autre et continue les duels avec les autres vainqueurs. Jusqu’au duel final. La collègue déclarée vainqueur est donc repartie avec une jolie petite somme puisque, comme je le disais, nous devions être une centaine et, en plus, les chefs de service avaient misé des billets au départ. Moi, avec ma chance légendaire au jeu, j’ai perdu mes 100 yens dès le premier tour…