Comment occuper une semaine de vacances dans un coin où on a déjà vécu plus d’un an et dans lequel on est revenu régulièrement en vacances, justement, ces quinze dernières années ?
Et bien en ayant soudain une révélation : mon amie Ryôko habite sur la ligne Keio qui relie Shinjuku (grand quartier de l’ouest de Tôkyô) au terminus Takaosan guchi – l’entrée du Mont Takao. Et après toutes ces années, je ne me pose la question que maintenant : qu’y a-t-il à voir au Mont Takao ? Et bien pas mal de choses vu que le Mont Takao est une montagne sacrée et, par conséquent, un lieu de pèlerinage renommé dans la région. C’est aussi, plus simplement, un lieu facilement accessible pour faire de la randonnée aux portes de Tôkyô. Car, comme vous pouvez le voir sur la carte ci-dessous, le Mont Takao est vraiment situé à la limite de la zone urbaine de Tôkyô (marque rouge). Et, cerise sur le gâteau, on peut voir le Mont Fuji (en bas à gauche sur la carte) depuis le sommet (qui culmine à environ 600 m) ! Cela dit, de l’autre côté, la vue sur Tokyo est tout aussi imprenable…

Carte Takaosan

Nous voilà partis un 31 décembre, par un temps superbe mais froid, pour la gare de Takaosan guchi. Nous sommes trois pour cette excursion : Ryôko, Julian son neveu et moi. J’ai connu Julian quand il avait un an, en 2006. Cet été-là j’avais passé trois mois chez les parents de Ryôko qui avaient bien voulu m’héberger pour que je puisse faire de la recherche documentaire à la bibliothèque nationale située à Tôkyô. La mère de Ryôko gardait son petit fils durant la journée et il m’est même arrivé de garder Julian quelques heures pour la dépanner. Je l’ai brièvement aperçu en 2016, de loin, alors qu’il jouait au foot dans la cour de son collège et voilà qu’on se rencontre de nouveau 12 ans et demie plus tard. Lui aussi avait hâte de me « rencontrer ». Cela fait 12 ans qu’on lui parle de moi et il ne m’avait vu que sur des photos avec lui bébé dans les bras.
Après un bon quart d’heure de train, nous débarquons à Takaosan avec d’autres randonneurs. Ryôko connait bien l’endroit puisqu’elle y vient depuis toute petite. Julian est lui aussi déjà venu en voyage scolaire. Nous nous dirigeons vers la station du funiculaire qui permet de monter facilement jusqu’aux temples. Bien entendu, nous ne sommes pas là pour prendre le chemin le plus facile, aujourd’hui, nous montons à pied jusqu’au sommet. A la station de funiculaire, nous nous procurons simplement la carte des sentiers de randonnée menant au sommet et décidons lequel nous emprunterons.

20190209_151815-12056280951444720534.jpg

Nous optons pour le sentier n°6 à l’aller (en vert sur la carte) et décidons de redescendre par le sentier n°1 (en rouge), qui est le sentier de pèlerinage passant par les temples. Pourquoi ne pas avoir choisi les temples en premier ? Parce que cette route, très fréquentée, est en fait goudronnée et cela enlevait pas mal de charme à la balade. Nous voilà donc partis pour 3.3 km de grimpette à travers la forêt, via la chute d’eau de Biwa. Temps estimé de la balade : 1h40. Nous devrions donc être au sommet pour le déjeuner. Nous avons emporté des onigiri, les boulettes de riz froides, qu’on mange en en-cas ou en pique-nique, ainsi que nos thermos remplis de thé bien chaud. Il nous faudra en fait environ 2h pour rejoindre le sommet, grâce à ma manie de prendre des tas de photos et de filmer (tout spécialement pour vous ^_^). Cela a d’ailleurs beaucoup amusé Ryôko et Julian de me voir prendre en photo des pierres ou des racines. Mais il y avait de quoi !

P1002674 small

P1002636 small

Le sentier suit la vallée encaissée d’un torrent qui dévale les pentes du Mont Takao et passe donc par la chute d’eau de Biwa. Elle n’a rien d’exceptionnel, elle n’est ni large ni haute mais, avec le petit temple qui lui est adjoint (puisque c’est un lieu sacré), l’ensemble a beaucoup de charme.

P1002655 small

Sur la fin du parcours, le sentier nous fait carrément passer dans le lit du torrent que nous remontons sur plusieurs centaines de mètres (je doute que ce passage soit praticable durant les mois d’été où il pleut beaucoup), et nous achève par un escalier en bois qui nous a semblé interminable (environ un bon 15-20 minutes de montée bien raide).P1002681 small

Mais l’effort en valait le coup car, effectivement, la vue depuis le sommet est superbe. D’autant plus qu’il fait un temps magnifique et j’ai le plaisir de pouvoir apercevoir et photographier sans absolument aucun nuage (occurrence rare) mon vieil ami le Mont Fuji tout de blanc vêtu.

P1002686 small

La vue sur Tôkyô n’est pas mal non plus. On aperçoit très bien les tours du quartier de Shinjuku, la Tour de Tôkyô tout à droite (sorte de mini Tour Eiffel blanche et rouge) et la Tôkyô Sky Tree dans le fond, une immense tour de télécommunications construite en 2012 qui domine la ville du haut de ses 634 m.

P1002759small

Après avoir déjeuné au soleil, nous prenons le chemin du retour vers la gare de Takaosan guchi via les temples bouddhistes. Je vous fait visiter dans un prochain billet ^_^.