On entend souvent dire « Le Japon c’est cher, surtout la nourriture ».
Ce n’est pas tout à fait vrai.
Si vous y allez en touriste et que vous mangez au restaurant deux fois par jour, surtout aux restaurants recommandés par les guides ou dans ceux qui vous semblent accessibles à des personnes ne parlant pas japonais (sachant que les japonais ne parlent pas anglais….), cela peut vous revenir cher assez vite. Mais, globalement, manger au restaurant est moins cher qu’en France et se payer un gros bol de ramen (nouilles dans du bouillon, accompagnées de divers ingrédients tels que des légumes ou de la viande), largement suffisant pour faire un repas vu la taille, dans une gargote vous reviendra à environ 500/600 yens pour le moins cher, soit entre 4.15€ et 4.95€. A titre de comparaison, le même bol de ramen en France dans un restaurant japonais (de Paris, c’est ceux que je connais), vous reviendra à 8.50€.
Si vous vivez au Japon et donc faites vos courses au supermarché, cela n’est pas excessivement cher de faire ses courses. Si vous cuisinez japonais, donc avec des ingrédients locaux. Les légumes japonais ne sont pas spécialement chers, en revanche si vous voulez acheter des tomates par exemple, il va falloir mettre la main au portefeuille. Pour vous dire, les tomates sont généralement vendues par 2 ou 4, jamais au kilo.

Mais le pire reste les fruits. Le fruit est un produit de luxe au Japon. De même que les légumes, aucun fruit n’est vendu au kilo. C’est à la pièce ou par deux, trois ou quatre le plus souvent. Là encore, tout dépend du fruit : certaines productions locales comme les mandarines, les kaki ou les pastèques restent relativement raisonnables (enfin, si 1/8e de pastèque à 3€ environ c’est raisonnable… je ne me souviens plus trop des prix en France…). En revanche, si vous voulez manger des pommes, ça sera plutôt 2€… LA pomme, m’voyez ?

Mais le pire, ce sont les productions locales hors de prix.
Le département d’Okayama est connu pour ses productions de pêches et de raisin. Est-ce que je me gave de pêche et de raisin pour autant ? Non. Ces produits sont extrêmement chers, leur image (merci le marketing) étant savamment entretenue pour justifier des prix exorbitants de certaines variétés.
Voici par exemple, la caisse de 13 pêches à 6800 yens (les prix sont toujours affichés HT au Japon, soit +8% = 7 344 yens), soit 60€… ou encore 4.60€ LA pêche. Youhou !

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Je n’ai pas goûté ces pêches, donc je ne vous dirai pas ce qu’elles valent. Ce jour-là, je me suis contentée d’une variété moins renommée à 321 yens (TTC) les deux pêches, soit 2.65€ les deux). Niveau goût, il faudra repasser, malgré un bon ensoleillement à Okayama, ça manque vraiment de sucre, donc si je veux « manger de l’eau » je vais plutôt acheter de la pastèque. Et ça me coûtera un peu moins cher.

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En revanche, j’ai eu l’occasion de goûter du raisin à 50€ la grappe (oui…50€…) et, très honnêtement, je n’ai pas osé dire à mes hôtes ni mes amis japonais que franchement leur raisin n’est vraiment pas terrible ^_^. Enfin, sauf si on aime le raisin avec une grosse peau amère qu’il ne faut donc pas manger et de gros pépins qu’il faut aussi recracher…

Ce phénomène des fruits chers est autant culturel qu’économique. Certes, le Japon ne dispose pas de vastes étendues agricoles donc je suppose que si la production est limitée, alors elle sera chère. Mais au Japon, les fruits s’offrent comme cadeaux (en famille, entre amis et surtout à ses clients, son patron etc…). Samedi dernier, je suis allée au festival de mon quartier (je vous en parlerai plus tard) et les premiers prix de la tombola étaient des paniers de pêches et de raisin.
Ici, quasiment chaque département se doit d’avoir une production de fruit particulière pour laquelle il sera renommé (par exemple, les pêches d’Okayama, les mandarines de Shizuoka, les pommes d’Aomori…). Les fruits sont des objets de luxe dont on ne vend que ceux ayant une forme parfaite, dans des boîtes ressemblant à des écrins (je suppose que les frais d’emballage font aussi partie du prix…).

Bref, depuis quasiment un an, je ne mange plus beaucoup de fruits.