Kakigôri est la glace de l’été japonais.
Il n’y a pas une fête de quartier, un festival où on ne trouve pas au moins un stand de Kakigôri. Et celui-ci est toujours signalé par cette banderole arborant des motifs de vagues bleues surmontées en gros caractères rouges du mot Kakigôri.

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Photo prise au festival de Shizuoka en août 2016

Il s’agit de glace non pas pilée mais littéralement rasée puisqu’à l’aide d’une machine on fait glisser la glace ou les glaçons sur une grosse lame de rasoir. On obtient ainsi une glace en miettes extrêmement fine sur laquelle on verse un sirop de couleur vive. Les parfums les plus classiques sont fraise (rouge), melon (vert – oui le melon est surtout vert au Japon), blue Hawaii (bleu). On peut aussi y verser du lait concentré sucré (ou carrément du sirop ET du lait concentré, soyons fous). Une paille munie d’une petite palette sert à manger le tout.

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Photo prise au festival de Shizuoka en août 2016

En fonction des machines à kakigôri, la présentation peut varier entre un petit tas de glace ou une belle boule bien régulière.

A gauche festival de Shizuoka 2016, à droite festival du sanctuaire de Munetada 2019

(Et, oui, toutes mes photos de kakigôri sont vertes car melon est mon parfum préféré ^_^).

Il est également possible de faire du kakigôri à la maison. Ma colocataire Micci a acheté une machine (un moulin ?) à Kakigôri cette semaine et c’est extrêmement facile (du coup, j’abuse du truc, c’est mal…). Il suffit de mettre des glaçons dedans et de tourner la manivelle. Le sirop à kakigôri s’achète en supermarché.

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L’origine de ce dessert aujourd’hui populaire et bon marché remonterait à l’époque de Heian (VIIIe-XIIe s.) et a longtemps été réservé aux nobles, c’est-à-dire, les seules personnes ayant les moyens suffisants pour conserver des blocs de glace en plein été ou acheter cette même glace durant la saison chaude. Pour conserver cette glace (je rappelle qu’à part dans le nord de l’archipel, l’été c’est 35 degrés et humide ici), on la stockait dans des grottes naturelles ayant une température constante très basse tout au long de l’année. J’ai eu l’occasion de visiter une de ces grottes près du Mont Fuji, c’est effectivement impressionnant. L’invention du congélateur a fini par démocratiser le kakigôri.